mardi 12 avril 2011

poivre

le nez qui pique,
je me rend compte qu'il y a de grandes différences,
il y a absence et Absence
il y a celle où l'on peut encore se débattre,
celle où l'on pourrait courir ou prendre un bus,
il y a celles des silences et des cris
où tu n'étais définitivement pas là.

et il y a celles des départs, des trains.
il y a celle où l'on pourrait tout aussi se débattre,
que ça ne changerait rien.
tu es à des lieues de moi
pour la première fois, tout résonne
tu es si loin, et il n'y a rien de métaphorique
là-dedans.
cette distance, je m'y frôle, je l'amadoue
car à chaque fois, mon nez pique.
l'eau devant laquelle tu te tiens
j'y suis aussi, depuis mon canapé.
je ne peux plus employer le futur,
j'espère, j'espère, c'est tout.
je me berce de nos projets, écrire cette distance,
écrire l'amour des départs et des séparation.

je me berce,
car je ne peux qu'espérer, O.
ton diminutif restera, c'est comme pour la bise,
tu sais qu'il ne faut pas compter sur moi.
je me berce, car là-bas, dans ces lieux
où nous marchions ensemble,
où suis-je?
et où es-tu encore chez moi?
je ne te perds pas.


lundi 11 avril 2011

mercredi 6 avril 2011

encore

ça n'arrive pas à jaillir
il me regarde de tous ses grands yeux bleus,
je le vois en quête, je le vois en attente
je le vois plein d'encouragement
j'ai l'impression qu'il faudrait plutôt
m'en enlever un peu
prendre pour un temps le courage
le poser sur l'étagère
et me laisser être un petit
chaton de trois semaines.

ça n'arrive pas à jaillir,
pourtant j'y étais, ça commençait
et là, un nouveau au revoir,
à se dire.
ce ne sera pas plus grave que ça
je l'espère
et j'apprends que les portes ne se ferment jamais
en fait
il y aura encore de nombreux au revoir
celui de demain m'effraie, mais pas plus
qu'avant déja.



mercredi 30 mars 2011

absence

c'est un rien qui remplit l'espace,
l'absence.
un clin d'oeil, une brise sur la nuque,
une parole de chanson, juste une note,
un frôlement de tissu, le goût d'un fruit.
un rien, et alors qu'on fonctionnait,
qu'on était bien, là où on était,
l'absence envahit.

ma tête sait, je suis pleine de raisons
ma tête est sûre.
mais ma peau, mes pores,
ma langue et mon nez, mes sens, eux
se recroquevillent face à l'absence,
tremblent en pensant aux riens
qui déclenchent tout
en une seconde, tout est là
j'enfouis, j'enfouis
jusqu'à l'espoir de l'oubli

ça ravage, ça hurle en silence
un cri muet dans tout mon corps
qui dit l'absence.
le silence de l'autre
dans tout le quotidien