dimanche 19 décembre 2010

neige

en voiture hier soir, les arbres enneigés ressemblaient à des géants,
protecteurs, veillants sur les non-accidentés
aujourd'hui le monde était un dessin inachevé
les arbres flottaient
tout ce qui n'était pas blanc flottait
dans cette étendue indistincte, aux bords indistincts
des éléments sans décor

et pourtant
"j'ai longtemps attendu ça, l'amour sans passion,
l'amour avec distinction
tu es mon amour distinct"

des pas

what the fuck was i thinking
se le demander et surtout ne pas y penser en même temps.
je regarde les pas de fait, contre mon gré parfois,
ceux-là avec une main géante qui pousse et pousse
contre tout mon être, tout ce que j'avais prévu,
tout ce que j'avais vu
qui pousse et lutte et ne m'écoute pas
qui pousse dans l'autre direction
tu iras là-bas, que tu le veuilles ou non.

comme le vent d'une certaine vitesse qui essuie tout
les larmes,
comme un poids de cette main qui ensuite
se fera réconfortant

il y a aussi les pas choisis,
les risques choisis, ceux-là même qui laissent
des cicatrices que l'on chérit, qu'on voudrait
d'autant plus visibles
AMOQ


en rêve un jour un homme me montre un dessin gris
qui représente celle qu'il aimait et
à l'oreille il me dit
"enrober les regrets"

je ne comprends pas encore bien ces mots,
mais ça s'éclaircit.




jeudi 9 décembre 2010

lundi 6 décembre 2010

nancy et kiki





Comme quoi Paris reste Paris:
au hasard de la gratuité des musées en ce premier dimanche de décembre, j'ai découvert l'artiste Nancy Spero. Grande claque dans ma gueule, si je puis dire. Et comme parfois la vie est logique et bien ordonnée, elle était apparemment une connaissance de Kiki Smith, une autre de mes favorites.
Pour achever tout ça, l'exposition "Elles" sur les femmes artistes au centre Pompidou fait face à Nancy Spero, et offre une belle vue d'ensemble de nos contemporaines (ou moins contemporaines d'ailleurs)
ça donne envie de s'y mettre.

Our city dreams

page blanche

la vivre fort.
avec obstination
j'ai peur, je la regarde,
je scrute ses bords et ses espaces.
quels traits et quels mots y poser.
je la vis de toutes mes forces.

j'ai parfois envie d'y crier les moments et les possibles,
parfois envie d'y chuchoter les envies et les durs souvenirs.
jeter par paquets le mois dernier,
les bras derniers, les souffles derniers
Tracer tendrement des lignes grises qui diront mieux que
mes lèvres celle que je deviens.

je vis ma page blanche comme je
vis la nature.
J'écoute mes nervures, leurs battements,
et mes rythmes intérieurs.
certain pour construire,
certain pour pleurer,
certains pour être farouche et surtout
rester attentive.



jeudi 28 octobre 2010

on dit

on voit dans les films, 
on voit dans les séries, on entend dans la vie, les témoins,
les victimes, les victimes du combat ordinaire,
je ne m'attendais pas à ça, 
pleurer pour cause: ne pas en ressentir de raisons,
j'ai cherché une logique, je l'ai fantasmé, ce premier deuil,
j'ai été le voir de plus près, plusieurs fois, pour savoir
je sais maintenant je crois qu'il n'y a rien à savoir, 

j'ai songé ce soir au temps qu'il me restait à avoir sa voix encore en tête; 

on dit: "tu réaliseras bien assez tôt" ou
"tu avais déja sans doute fait ton deuil"

mais peut-être qu'un deuil parfois, 
c'est de ne pas avoir à en faire
la vraie douleur, c'est peut-être de se rendre compte
qu'on survit trop facilement, que ça n'est pas si dur que ça

ça, les gens ne le disent pas